Mainieri, Robin

La forêt : un intégrateur robuste de l’évolution de la dynamique des chutes de blocs dans un contexte de changements environnementaux ?
Doctorant WP4 – WP3

Le projet

Depuis le milieu du XIX° siècle, les versants alpins connaissent des évolutions très rapides liées aux impacts conjoints de la déprise-agro-sylvo-pastorale et d’une urbanisation croissante. Ces changements de l’usage et de l’occupation des sols sont susceptibles d’impacter significativement la propagation des aléas et modifient profondément la vulnérabilité des zones périurbaines. Néanmoins, ces processus complexes, en forte interaction, restent peu étudiés et mal quantifiés. Le XIX° siècle coïncide également avec la fin du Petit Age Glaciaire (PAG) et avec une hausse des températures (+1.5°C depuis le début de l’ère industrielle) dans les Alpes, deux fois supérieure à celle observée pour le reste du globe. En raison d’une documentation historique, rare ou souvent très lacunaire, les impacts de ce réchauffement sur la dynamique des aléas naturels, et en particulier les chutes de pierres, restent également mal connus, notamment en-dessous de la limite inférieure du pergélisol où se situe la majorité des enjeux.

Traditionnellement, l’analyse du risque repose sur un croisement entre la fréquence/intensité de l’aléa et la vulnérabilité des enjeux exposés mais ne prend pas en compte ces changements environnementaux. Dans ce contexte, ma thèse, à caractère fortement pluridisciplinaire, est construite sur le couplage d’une approche dendrogéomorphologique et d’une approche géohistorique, pour la reconstitution des événements passés, et d’une suite de modèles – hiérarchique bayésien, valeurs extrêmes et analyse trajectographique – permettant de quantifier l’impact respectif des changements de l’usage et de l’occupation des sols et du réchauffement climatique post-PAG sur la dynamique spatio- temporelle de l’aléa chute de bloc.

Ces travaux de recherche sont réalisés à l’échelle de versants représentatifs du massif du Vercors, soumis à l’aléa rocheux et caractérisés par des évolutions différentielles (rapides/lentes) de l’usage des sols et de l’occupation humaine. Cette approche pluridisciplinaire inédite devrait apporter des réponses précieuses à la communauté scientifique et aux décideurs en charge de la prévention des risques, particulièrement démunis en matière de prise en compte des changements environnementaux dans la décision et la gestion des risques générés par les aléas rocheux.


Publié le 16 novembre 2017